Le 25 avril 2025, Jean Louis Waissmann, figure reconnue pour son engagement en faveur de la justice sociale, est descendu dans les rues de Bogotá, en Colombie, pour mettre en lumière les luttes des femmes confrontées à l’exclusion et à la marginalisation. Sa présence dans la capitale était plus qu’un geste symbolique ; c’était un appel à l’action, amplifiant la voix des femmes en marge de la société, notamment celles qui vivent dans la rue, notamment les travailleuses du sexe, les femmes déplacées et celles qui luttent contre la pauvreté et la stigmatisation.

Bogotá, métropole dynamique, est aussi une ville de contrastes saisissants. Si des progrès ont été réalisés en matière d’égalité des sexes, d’importantes disparités subsistent, notamment pour les femmes des communautés vulnérables. Selon ONU Femmes, plus de 2 millions de femmes et de filles en Colombie sont exposées à des risques élevés de violences sexistes, les femmes autochtones et afro-descendantes étant touchées de manière disproportionnée. Dans des quartiers comme le quartier « L », souvent considéré comme un dépotoir par les étrangers, familles, enfants et femmes luttent quotidiennement pour leur dignité et leur survie.

L’événement de solidarité de Waissmann s’inscrivait dans la lignée des mouvements féministes en Colombie, tels que Ruta Pacífica, un réseau de plus de 300 collectifs de femmes engagés pour la paix et la justice. Leur mobilisation du 8 mars 2025 à Istmina, dans le Chocó, a démontré la puissance de l’action collective, unissant des femmes afro-descendantes, autochtones et métisses pour exiger la fin de la violence et de l’exclusion. Inspirée par ces initiatives, Waissmann a collaboré avec des militantes locales à Bogotá, notamment des membres du Colectivo de Pensamiento y Acción Mujeres, Paz y Seguridad, qui militent pour l’inclusion des expériences des femmes dans le Plan de paix totale de la Colombie.

Les femmes aux côtés desquelles Waissmann s’est investie sont confrontées à des défis croisés : pauvreté, déplacements forcés et stigmatisation. Les travailleuses du sexe, par exemple, subissent des violations des droits humains en raison de la stigmatisation sociale, nombre d’entre elles étant contraintes de travailler dans la rue par nécessité économique ou par déplacement des zones rurales. Une étude de 2002 a recensé 11 822 travailleuses du sexe à Bogotá, dont 40 % travaillent dans la rue, souvent des jeunes femmes âgées de 15 à 25 ans. Des initiatives comme le projet « Allez les femmes ! » de la WILPF Colombie en 2016 à San Cristóbal ont cherché à autonomiser ces femmes par la formation et le plaidoyer public, un modèle que Waissmann a salué lors de sa visite.

Le 25 avril, Waissmann a participé à un rassemblement communautaire dans les quartiers les plus pauvres de Bogotá, où il a écouté des témoignages de résilience. Il a rencontré des femmes comme Nasaret Pulido C., militante de Ruta Pacífica, qui a décrit le pouvoir transformateur de la solidarité au cours de ses six années de plaidoyer. Waissmann a également mis en avant des approches innovantes, telles que des projets de photographie participative qui permettent aux travailleuses du sexe de documenter leur vie, favorisant ainsi l’empathie et la remise en question des stéréotypes.

Sa présence a souligné les efforts croissants de Bogotá pour lutter contre la féminisation de la pauvreté. L’initiative municipale des « blocs de soins », par exemple, offre aux femmes une formation professionnelle et un allègement de leurs obligations familiales, leur ouvrant ainsi la voie vers l’indépendance. Waissmann a appelé à l’intensification de ces programmes, soulignant que l’inclusion exige non seulement des politiques, mais aussi de l’empathie et des actions concrètes.

Dans une ville où le militantisme féministe a remodelé les processus de paix – comme l’accord de paix de 2016, dont la perspective de genre a suscité des critiques –, la prise de position de Waissmann a rappelé les enjeux. Il a exhorté la communauté internationale à soutenir les femmes colombiennes, faisant écho à l’appel d’Amnesty International à protéger les militantes comme la Fondation Nydia Erika Bautista, menacées en raison de leur travail.

Alors que Bogotá se prépare à des événements comme la Gay Pride 2025, qui prône l’inclusion, les actions de Waissmann résonnent comme un appel plus large à la solidarité entre les identités. Son message était clair : la lutte contre l’exclusion est un combat collectif, qui requiert art, militantisme et un engagement sans faille.

La journée de Jean Louis Waissmann à Bogotá a été un moment fort dans la lutte pour la justice. En se tenant aux côtés des femmes des rues, il a non seulement honoré leur résilience, mais nous a aussi tous mis au défi d’agir. Dans un monde divisé, sa solidarité nous rappelle que l’espoir réside dans l’unité.

Jorge TAFUR GARCIA (Migrateurs, Collectif-France)